Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Paris, le 9 septembre 2017

Monsieur le Président de la République,

 

Vous avez reçu le 4 septembre dernier Messieurs Julio Borges et Freddy Guevara, respectivement président et vice- président du parlement vénézuélien et tous deux, sinon d’extrême droite, en tous les cas très proches d’elle.

Or, je fais partie des électeurs du second tour des élections présidentielles qui ont voté pour vous pour, précisément, combattre l’extrême droite. Il est vrai que durant la dernière campagne présidentielle vous vous étiez présenté alors comme le rempart contre ce courant en répétant même lors d’un de vos meetings « pas ça, pas ça » pour évoquer la France qui risquait d’être dirigée par le Front National.

Il semble donc que vous ayez une attitude et un discours différents selon que vous parliez de l’extrême droite en France ou de celle au Vénézuéla.

De plus, en recevant deux personnes qui ont appelé et qui appellent encore à mettre leur pays à feu et à sang, vous encouragez l’opposition vénézuélienne dans sa stratégie de violence et de chaos et affaiblissez par là-même le président pourtant démocratiquement élu mais que vous qualifiez de « dictateur ».

Je ne demande évidemment pas votre adhésion à la politique du président vénézuélien, mais à défaut de soutenir explicitement le régime en place, il aurait été davantage productif, pour la stabilité politique de ce pays - si toutefois vous la souhaitez de s’abstenir de recevoir des personnes qui entament une tournée pour demander des sanctions envers leur propre pays ( !).

J’avoue ne pas avoir compris votre attitude et qui plus est, je l’ai même trouvée incompatible avec celle d’un chef d’un état de droit : en effet, quelle serait votre réaction si des Français entamaient une tournée auprès d’autres chefs d’état pour leur demander de « punir » la France et qui souhaitaient créer le chaos dans notre pays ?

Les subtilités de la diplomatie m’échappent certainement mais je ne pense pas qu’elles puissent justifier de cautionner - et donc d’encourager- la position d’individus qui appellent à mettre leur propre pays « en quarantaine » et qui souhaitent l’affaiblir par tous les moyens (heureusement, nous n’avons pas en France ce genre de représentants politiques !).

En tant que citoyen respectueux de l’état de droit et réprouvant totalement les appels à la violence et au désordre lancés par l’opposition vénézuélienne, je souhaitais donc vous faire part de ma grande colère et mon consternement après avoir appris l’accueil que vous avez fait à ces deux dirigeants « politiques ».

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mon profond respect,

 

Marc Girard.

URL de cet article:

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/09/venezuela-lettre-a-emmanuel-macron.html

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :