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Mercredi 3 mai a été déposé au Sénat des Etats-Unis un projet de loi pour durcir les sanctions contre le Gouvernement du Venezuela. Ce document résume une proposition stratégique qui a le pétrole comme axe principal et comprend la Russie.

 

Ceux qui ont proposé ce projet sont l'ex candidat républicain à la présidence Marco Rubio et le démocrate Ben Cardin qui ont réussi à rallier 7 autres sénateurs de l'extrême droite des 2 partis. Parmi eux, deux figures bien connues à ce propos : Bob Menéndez (démocrate) et John McCain (républicain).

 

Selon son titre, cette proposition est faite pour « apporter une assistance humanitaire au peuple du Venezuela, défendre la gouvernabilité démocratique combattre l'importante corruption publique, et pour d'autres raisons. »

 

Le texte décrit la situation au Venezuela sur la base de rapports de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), du Fonds Monétaire International (FMI), d'ONG et de médias alliés du Département d'Etat.

 

« La détérioration de la gouvernabilité démocratique et la crise économique au Venezuela ont amené une situation humanitaire sans précédent, » affirme-t-il en attribuant toute la responsabilité du conflit avec l'Assemblée Nationale, des problèmes d'approvisionnement, des protestations violentes et des morts pendant les manifestations au Gouvernement dirigé par Nicolás Maduro.

 

« Les Vénézuéliens sont blessés et assassinés par leur propre Gouvernement étant donné que le dictateur Maduro et ses patrouilles utilisent la violence pour réprimer les manifestants pacifiques, » déclare-t-il aussi, oubliant toutes les preuves de la participation de groupes de droite à la plupart des assassinats.

 

Dans ce contexte, il envisage la nécessité d'une coordination internationale pour l'assistance humanitaire et un fonds de 10 millions de dollars pour soutenir cette assistance qui sera destiné en partie à des organisations de la société civile. Depuis longtemps, les Etats-Unis financent cette sorte d'ONG grâce à la National Endowment for Democracy (NED).

 

De plus, ce texte soutient la nécessité de garantir une observation des élections et exprime son soutien aux actions de Luis Almagro à la tête de l'Organisation des Etats Américains (OEA), accuse à nouveau des fonctionnaires du Gouvernement d'être impliqués dans le trafic de drogues et prévoit « des sanctions contre les personnes responsables de la corruption publique et de porter atteinte à la gouvernabilité du pays. »

 

« Et pour d'autres raisons ».

 

La référence aux « autres raisons » dans le titre est par ailleurs intéressante. Là, à peine (mal) dissimulées au milieu ou au fond du projet, se trouvent les vraies raisons de cette stratégie.

 

Dans cette rubrique apparaissent 2 thèmes clefs de la politique étrangère des Etats-Unis : les Caraïbes et la Russie. Toutes deux impliquent le pétrole, but principal de leur désir en géopolitique mondiale et sujet important pour analyser tout conflit impliquant le Venezuela. Dans ce pays se trouvent les réserves les plus importantes de brut du monde.

 

A propos des Caraïbes, le projet envisage dans son 8° point la nécessité de développer une politique envers les pays de la région qui « bien qu'ils affrontent leurs propres défis peuvent jouer un rôle important dans la réponse à la crise humanitaire et politique du Venezuela. » Au XX° siècle, les Etats-Unis ont obtenu le contrôle sur les Caraïbes en renforçant leur position contre les empires rivaux d'Europe. Au XXI° siècle, le Venezuela a lancé PETROCARIBE, une alliance énergétique – ensuite élargie à d'autres domaines – avec 16 autres pays.

 

PETROCARIBE représente le pétrole à prix solidaire pour toutes ces nations et en même temps la possibilité que des pays puissent obtenir une certaine autonomie en renforçant leur intégration. Le projet de loi le reconnaît explicitement : « La sécurité énergétique est le plus grand défi des pays des Caraïbes qui dépendent dans une marge mesure de l'importation du pétrole à un prix élevé pour la production d'électricité et dont beaucoup ont bénéficié d'un traitement préférentiel de la part du Venezuela. »

 

Jusqu'à présent, la plupart de ces Gouvernements ont soutenu a position souveraine du Venezuela à l'OEA et à la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens (CELAC), ce qui les met en première ligne des pressions nord-américaines. Peu après la session de l'OEA du 28 mars, Marco Rubio lui-même a menacé publiquement Haïti, le Salvador et la République Dominicaine. Aucun de ces pays n'a soutenu la stratégie nord-américaine. Cette tentative ayant échoué, il semblerait qu'ils aident besoin de carottes plus efficaces : la proposition est de stimuler afec force une « Initiative de Sécurité Energétique des Caraïbes » basée sur le soutien de « l'énergie propre. »

 

Dans le dernier article, point 11, apparaît la Russie. Le titre ne pourrait être plus implacable et en même temps plus opposé aux hautes préoccupations (solidarité, démocratie, développement, transparence) qui sous-tendent tous les points précédents : « Inquiétudes à cause des transactions de PDVSA avec Rosnet. »

 

Rosnet est l'entreprise pétrolière contrôlée par l'Etat russe et les sénateurs alertent sur la possibilité qu'elle prenne le contrôle de CITGO. Cette dernière entreprise est une filiale de PDVSA aux Etats-Unis et « contrôle les infrastructures énergétiques dans 19 états du pays et même le large réseau de conduites, 48 terminaux et 3 raffineries avec une capacité de raffinerie combinée de 749 barils de brut par jour. »

 

Selon cette information, les actifs de CITGO PDVSA garantissent le remboursement de prêts faits par Rosnet à l'entreprise pétrolière d'Etat vénézuélienne. Selon le projet, cela implique « un risque important pour la sécurité nationale et la sécurité énergétique des Etats-Unis. »

 

Faire pression sur Trump

 

Ce projet de loi est destiné à continuer à aligner Trump sur l'ordre du jour « stable » du Département d'Etat.

 

En février de cette année, à peine quelques semaines après qu’il ait été élu président, un groupe de congressistes des 2 partis – parmi lesquels se trouvent ces sénateurs – a envoyé à Trump une lettre contenant la feuille de route concernant le Venezuela.

 

C'est cette orientation qui a prédominé automatiquement en dissipant tous les doutes qu'il pourrait y avoir à propos de ce qu’il a dit pendant la campagne.

 

Dans un contexte d'isolement relatif des protestations les plus violentes et d'un ordre du jour politique qui se caractérise par la convocation d'une Assemblée constituante, le projet de loi tente de renforcer une offensive urgente sur le plan international. Et là, quand il faut justifier pourquoi on met du temps et de l'argent pour intervenir dans d'autres pays, bien que ce soit tout au fond, apparaissent les raisons véritablement importantes.

 

Publié le 6 Mai 2017 par Bolivar Infos

 

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

 

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2017/05/05/senado-de-ee-uu-debate-estrategia-contra-venezuela-y-rusia/

 

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/05/venezuela-etats-unis-le-senat-des-etats-unis-discute-de-la-strategie-contre-le-venezuela.html

Le Sénat des Etats-Unis discute de la stratégie contre le Venezuela

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