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Par Alex Anfruns

 

Une fois n’est pas coutume, dans cet Edito nous laisserons la parole au Pape François, le Saint-Père de l’Eglise Catholique, à propos du Venezuela. Depuis son élection, il nous a habitués à un discours anticapitaliste qui renoue avec la sensibilité des millions de Latino-américains.

 

 

Les peuples afro-américains, indiens et métissés du sous-continent ont beau être croyants, ils sont infiniment plus proches du courant émancipateur de la Théologie de la Libération que du discours moyenâgeux et réactionnaire du Vieux Monde. C’est pourquoi le Pape François doit répondre aux attentes de ces fidèles dans ce continent très jeune et porteur d’espoir, et n’hésite pas à dénoncer le capitalisme sous des formules comme « le fumier du diable ».

 

 

Dans ce numéro du Journal de Notre Amérique, nous allons donc aborder la manipulation informative qui cible le Venezuela tous azimuts. Dans ce contexte, les propos du Pape qui, avec les ex-présidents Martin Torrijos (Panama), Rodriguez Zapatero (Espagne), Leonel Fernandez (République Dominicaine) et Ernesto Samper (Colombie), a joué un rôle de médiateur dans le processus de dialogue au Venezuela jusqu’à la fin 2016, ont le mérite de clarifier les termes du débat.

 

 

Questionné sur la possibilité de relancer son initiative en faveur du dialogue, il a critiqué le manque d’intérêt de l’opposition : « Je crois que (le dialogue) doit avoir lieu maintenant mais que ses conditions doivent être claires, très claires. Mais une partie de l’opposition n’en veut pas, c’est curieux puisque l’opposition est elle-même divisée (…) » (1)

 

 

Divisée et toujours opposée au dialogue, la droite vénézuélienne a persévéré dans la confrontation violente et a instrumentalisé les morts qui en ont découlé. Le gouvernement a assuré que les droits de l’opposition à manifester sont une chose, mais que tout usage de la violence serait sanctionné par la justice. Et, comme en 2014, Maduro n’a pas hésité une seconde à dénoncer l’éventualité de l’usage disproportionné de la force par des agents de police. En effet, ceux ayant commis des abus à l’encontre des manifestants sont arrêtés et jugés conformément à la loi.

 

 

Cependant, au-delà de la manipulation informative des médias internationaux, la situation qu’on observe est loin d’être dominée par une logique de répression. Elle ressemble plutôt au manuel des révolutions de couleur qui ont mené à un changement de régime comme en Ukraine. Comme dans ce pays, on y voit des manifestants pro-démocratie tout à fait insolites côtoyant le fascisme…

 

 

Ce qui explique le nouvel angle mort des médias dominants : le 26 avril et le 2 mai, plusieurs fonctionnaires de la Garde Nationale Bolivarienne ont été blessés par balles. Des contradictions qui décrédibilisent le discours du journal Le Monde, lorsqu’il dépeint en parfaits démocrates l’extrême droite violente du Venezuela et stigmatise le peuple chaviste, véritable acteur des conquêtes sociales de la Révolution.

 

 

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Le jeu trouble de la droite vénézuélienne

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