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La départ de Fidel continue à nous émouvoir et nous conduit à beaucoup de choses, pas vrai ? Il y a à peine 20 jours que nous avons appris la nouvelle et la façon dont le peuple cubain – et nous voulons le dire ainsi au peuple cubain – l'a accompagné dans sa caravane de départ jusqu'à Santiago de Cuba (Applaudissements). Et toujours fidèle, toujours spécial en tout, il s'en est allé en laissant tout prêt, tout préparé et il est devenu le Commandant « Rocher Eternel. »

 

 

Je dois partager avec vous les sentiments de notre délégation et mes sentiments personnels quand j'ai vu Raúl, avec sa fermeté de toujours, mettre Fidel dans ce rocher et le voir se transformer en éternité, sans date de naissance et sans la date de sa mort : simplement Fidel. Cela a été ainsi, c'est ainsi et c'est ainsi ici avec notre Fidel : simplement Fidel ! (Applaudissements). Jamais on ne s'imagine être sans eux.

 

 

Et quand nous avons vu la vidéo avec tant d'images de Fidel, de Chávez, jamais, jamais nous n'imaginons et jamais personne n'est préparé – notre ambassadeur est là, commandant Fausto, Alí Rodríguez Araque (Applaudissements) jamais, parce qu'ils sont comme des pères, ce sont des pères qui, avec leurs bras, avec leur regard, avec leur message peuvent tout. Et on monte sur leurs épaules, sur leurs bras pour supporter ce qu'il faut supporter parce qu'on va de l'avant toujours avec leur exemple, nous ouvrant la voie.

 

 

Quand on les voit alors que le temps passe, on dit : tout a valu la peine, pas vrai ? Tout a valu la peine.

 

 

Quand le Libérateur Simón Bolívar, en des jours comme aujourd'hui, en décembre – samedi prochain 17 décembre, nous commémorerons l'anniversaire de la mort de Simón Bolívar, le 17 décembre 1830, à Santa Marta, dans ce qui est aujourd'hui la Colombie, dans la propriété San Pedro Alejandrino – le Libérateur, après avoir parcouru l'América pendant 20 ans, avoir libéré ce qui est aujourd'hui le Panamá, le Venezuela, la Colombie, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie, avoir vaincu à Junín et ensuite avec Sucre à Ayacucho cet empire si puissant qui a dominé nos terres et nos vies pendant 300 ans, le Libérateur, prenant déjà congé, a dit : « J'ai labouré la mer. » On avait tout perdu, on ne pouvait même pas recommencer, il n'y avait pas de possibilité d'un nouveau commencement, la trahison des oligarchies s'était imposée, la division, le refus du grand homme de l'histoire qu'on avait construite et le plus grand des grands hommes de l'histoire de cette terre qui est Notre Amérique comme le dira pour toujours l'apôtre José Martí est parti en disant : « J'ai labouré la mer, » sans peuple, sans armée, sans patrie.

 

 

Jamais nous ne sommes prêts à dire adieu à nos fondateurs et à nos géants mais nous devons être fiers que le jour où nous avons dit adieu à Chávez et le jour où nous avons semé pour bâtir à Fidel un rocher éternel, ils ont pu partir tranquilles parce que oui, ils ont laissé une terre fertile, un peuple fertile, ils ont laissé un peuple uni, un peuple libre, ils ont laissé une terre fertile pour continuer à semer ! Ils n'ont pas labouré la mer ! (Applaudissements)

 

 

Beaucoup de temps a passé, beaucoup de temps. Cuba a été la dernière colonie du vieil empire espagnol. Et personne en Espagne ne ressentait ou ne pensait qu'ils pouvaient avoir des colonies, ils les avaient chassés de tout le continent et c'est revenu à Cuba depuis 1830 où nos frères se sont libérés là-bas sur le continent, lutter jusqu'à la victoire en 1898, et le 1° janvier 1899, ils n'ont pas permis que les troupes des mambi entrent à Santiago victorieuses et ont volé le triomphe au peuple cubain. Et le 1° janvier 1899, Cuba a commencé a être un protectorat de l'empire des Etats-Unis grâce à la colonisation, comme Porto Rico, comme les Philippines.

 

 

La seule chose qui a empêché que soit imposé un régime colonial à Cuba et qu'elle devienne une étoile de plus de l'empire des Etats-Unis de l'époque, ce fut la force patriotique qu'a cultivé dans l'esprit de Martí et de Maceo, des géants, ce peuple qui a résisté, souvent en silence et n'a pas permis qu'une colonie ordinaire soit imposée, ils ont dû l'imposer en 1902 avec l'Amendement Platt, ils ont dû fonder une petite république, une république, une farce de république néocoloniale.

 

 

Et Cuba a dû attendre encore 60 ans, du 1° janvier 1899 au 1° janvier 1959 pour que ces héros qui sont là, Raúl Castro Ruz, Machado Ventura, Fidel Castro Ruz lui apportent la victoire qui avait été volée aux mambi 60 ans auparavant. (Applaudissements)

 

 

Que s'en aille la génération ! Souvent dans la vie, cela nous coûte de reconnaître l'oeuvre. Heureusement, ce n'est pas le cas de Cuba ni de la Révolution Bolivarienne mais comme nous le disons, il y a eu des cas.

 

 

N'est-ce pas que la Génération du Centenaire a été une bénédiction pour toute l'Amérique parce qu'elle a réalisé le mandat de Martí.

 

 

Nous, nous sommes chrétiens, certainement la plupart d'entre vous aussi et nous cultivons la profonde spiritualité syncrétique de l'Amérique. Ce qui nous vient d'Afrique, nous le cultivons aussi et ce qui nous vient de la terre indo-américaine aussi. C'est pour cela que l'Amérique Latine et les Caraïbes sont la terre de l'avenir, de l'espérance parce qu'ici toutes les spiritualités sont arrivées et se sont transformées en une seule : notre identité, vous la nommez cubanité et c'est la cubanité.

 

 

Mais, en vérité, ce qu'a fait la Génération du Centenaire a été un miracle, une génération qui heureusement a atteint tous ses buts et qui porte encore sur ses épaules la responsabilité de protéger Cuba et de nous protéger tous parce que je vois en Raúl un frère aîné et un dirigeant protecteur de nous tous, les révolutionnaires qui nous sommes levés en ce XXI° siècle (Applaudissements) avec une sagesse tellement spéciale, digne Castro Ruz.

 

 

Et la Génération du Centenaire a dû faire une réalité de la dernière lettre de Martí à Manuel Mercado, éviter qu'avec la chute de Cuba, le reste des Antilles et le reste de l'Amérique ne tombe dans les griffes impériales du monstre qu'il a connu de l'intérieur.

 

 

Il ne pouvait pas mieux dire, le meilleur de tous les Américains de cette époque et de nombreuses époques, José Martí, avec sa finesse d'observation, sa sensibilité pour vivre, pour souffrir et pour savoir ce que nous pouvions attendre du projet de l'empire états-unien.

 

 

Nous, nous avons dû attendre beaucoup plus. La trahison s'est aussi imposée en 1859. Le 10 janvier prochain, nous commémorerons l'anniversaire de l'assassinat, le 10 janvier 1860, du général du peuple souverain Exequiel Zamora, le dirigeant qui a fait se lever les masses paysannes, a construit une armée populaire, a pris les drapeaux de Bolívar et a triomphé et quand il se dirigeait déjà vers Caracas pour prendre le pouvoir politique, il a été assassiné par l’oligarchie qui était à ses côtés, qui l'a trahi.

 

 

Et tout le XIX° siècle est passé et ensuite est venu le XX° et toutes les occasions du XX° siècle ont été perdues : 1908, le 19 décembre a eu lieu le premier coup d'Etat pétrolier dirigé par l'ambassade nord-américaine à Caracas jusqu'en 1992 et avec la même force que vous connaissez, il y eut la Moncada, un jour, un 4 février 1992 , nous nous sommes réveillés avec l'odeur de la poudre et pour la première fois, nous avons vu cet homme qui est devenu le dirigeant de la résurrection de tout un peuple : Hugo Chávez Frías, notre Commandant. (Applaudissements)

 

 

Dès son premier mot, il a porté le message de Bolívar, le 4 février 1992! Un jour de réveils où nous avons commencé à reprendre le chemin mais ce fut en 1998, après un long chemin, que le Venezuela a commencé à voir une époque d'espérance et d'attente comme dit l'a dit Fidel quand il est revenu à Caracas pour l'investiture du Président Hugo Chávez, en février 1999. 168 ans ! Après la trahison envers Bolívar. Cela a coûté au peuple vénézuélien de reprendre ses vrais chemins de dignité, d'indépendance, de notre propre identité, de nos propres efforts, le chemin de Bolívar. C'est pourquoi il est si important comme l'a dit le camarade Président Raúl Castro et nos 2 professionnels de la médecine, la camarade vénézuélienne et le camarde cubain qui ont parlé. C'est pourquoi cette date d'aujourd'hui est si importante.

 

 

Aujourd'hui, nous, nous fêtons nos 22 ans. En 1994, comme le disait toujours le Commandant Chávez, toutes les lumières se sont éteintes dans le monde, il ne restait qu'une lumière : la dignité de Cuba. Cuba passait à ce moment-là par le moment le plus tragique et le plus dur de la révolution – ils l’appellent - les membres d'une société littéraire là, pas vrai ? Ou des universités très jeunes qui sont venus ici, qui ont enregistré avec leurs téléphones les chansons, peut-être connaissez-vous cette étape par les livres ou par vos grands-parents ou par vos parents, pas vrai ? Mais 1994 était une époque de domination totale et d'hégémonie de l’uni-polarité des Etats-Unis.

 

 

Le monde bipolaire et les forces qui compensaient le pouvoir de cet empire si puissant qu'ont été les Etats-Unis avaient disparu suite à ses propres erreurs en premier lieu et beaucoup à cause des erreurs qui ont été souvent signalées par Ernesto Che Guevara dans les années 60.

 

 

1994, c'était la moitié du temps qu'a durée la Période Spéciale. 1994, le Commandant Hugo Chávez sortait de prison au bout de 2 ans et demi pour l'insurrection militaire bolivarienne du 4 février 1992. Et il est venu à Cuba un soir – dans cette Cuba en résistance – le soir du 13 décembre et dès son arrivée, il est surpris sur la passerelle de l'avion par la présence de celui qu'il admirait depuis qu'il était enfant mais qu'il pensait qu'il ne méritait pas de connaître. Il n'avait pas encore la possibilité, l'honneur de connaître le Commandant Fidel Castro Ruz. Le 13 décembre, 9H et demie du soir, en bas de la passerelle de cet avion, le jeune Commandant Hugo Chávez, plein d'espoir, de force, commençant à peine un chemin, se trouve avec ce géant de l'histoire : Fidel Castro Ruz et ils se donnent la première accolade. Cette accolade fraternelle, sincère, a été un début. Cette accolade fraternelle, solidaire, entre 2 fils authentiques de l'idéologie de Bolívar et de Martí a scellé ce qui, spirituellement, fut la construction du chemin qui nous a amenés à fonder l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique.

 

 

En cette année 1994, à ce moment-là, s'achevait la premier Sommet appelé « des Amériques », un sommet fait pour décréter la fin de la Révolution Cubaine. C'est ce qu'ont décrété tous les discours qu'ont prononcé, à genoux, les présidents de l'époque, pronostiquant la fin de la Révolution et sur ses ruines – comme le chantera Silvio Rodríguez – sur les ruines de la Révolution Cubaine, ils décrétaient le début de ce qu'ils appelaient la zone de libre commerce qui n'était rien d'autre que la concrétisation du vieux projet de colonisation économique, financière, commerciale et de domination de nos richesses par les corporations et les pouvoirs qui dirigent l'empire états-unien depuis Washington.

 

 

Cela a coïncidé avec la date de l'annonce de la fin de Fidel, de la Révolution et tous les 2, un géant et un dirigeant insurgé, le Commandant Hugo Chávez, se sont rencontrés. Le Commandant Chávez a été surpris parce que, bon, il se sentait – nous pourrions dire – intimidé – comme le reconnaît l'ambassadeur Germán Sánchez Otero dans son extraordinaire biographie du Commandant Chávez et comme le rapporte aussi le livre « La Rencontre » de Rosa Miriam parce que, bon, Fidel l'a interrogé pendant la matinée du 14 et à plusieurs occasions tout le 14 et il le scrutait avec le regard de l'aigle, chaque réponse presque comme s'il l'avait noté avec un stylo, chaque question, chaque réponse sur ce qu'ils avaient fait, sur comment ils l’avaient fait, sur ce qu'il pensait, lui, de l'histoire de Notre Amérique pour les années à venir, sur ce qu'était son projet, sur ce qu'étaient les possibilités tactiques.

 

 

Pour lors, notre option tactique essentielle était l'union civique et militaire pour une grande insurrection du peuple et nous voyions comme une fenêtre lointaine la possibilité d'une révolution par la voie électorale pour toutes les raisons que vous connaissez : le parcours tortueux des élections pacifiques pour faire des changements profonds dans nos sociétés en Amérique Latine et dans les Caraïbes.

 

 

Et ces matins-là, ces jours et ces nuits s'est scellé quelque chose de merveilleux : les vieux chemins qu'ont suivi nos libérateurs Bolívar et l'Apôtre Martí ont trouvé 2 grands exécutants, les vieux chemins, les vieux crieurs de l'union entre 2 prodiges de la dignité, de la morale, du patriotisme latino-américain, Cuba et le Venezuela ont trouvé leurs 2 grands exécutants : Fidel et Chávez qui ont assumé, rapproché le projet de Bolívar et de Martí pour l'amener à la réalité de ce qu'a été le projet révolutionnaire de Notre Amérique, de nos peuples. (Applaudissements)

 

 

Il s'est passé beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses en ces 22 ans. Tous les services de renseignement du monde disaient que le monde unipolaire était venu pour s’installer et, qu'en définitive, la seule solution qui restait était de se rendre. Seul Fidel a dit : «Cuba ne se rend jamais ! »

 

 

Nous, nous n'avons eu beaucoup de temps, je l'ai dit. Notre ambassadeur, Alí Rodríguez Araque est là, admiré et chéri par nous tous, notre maître aussi et le maître de plusieurs générations qui a dû participer au renversement de la dictature de Marcos Pérez Jiménez très très jeune, presque un enfant et ensuite, il a dû traverser les grandes montagnes vénézuéliennes avec un fusil à l'épaule et il a dû accompagner notre Commandant Chávez et assumer plusieurs responsabilités : récupérer le pétrole vénézuélien, nationaliser PDVSA, revitaliser l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, être le troisième secrétaire général fondateur de l'UNASUR. Ali sait bien combien difficile a été cette époque. En 1994, personne, personne au monde ne pariait sur une idée de changement et Cuba a continué son chemin de résistance, dur, complexe, rude : 1995, 1996, 1997, 1998.

 

 

Et le Commandant Chávez s'en est allé affronter son propre défi, le propre défi de notre peuple. Il avait déjà réveillé la flamme, il avait déjà réveillé la force des origines. Il disait toujours, il me disait que la force de l'histoire fait partie d'une certaine façon des gènes des peuples et qu'il y a un bouton, il me disait : « Nicolás, c'est comme un bouton dans la vie, des événements historiques qui se conjuguent et c'est comme s'ils touchaient le bouton du réveil collectif des gènes et nous nous levons tous, en rébellion, en rébellion métissée, africaine, indigène, européenne. Cela a été ainsi, en réveillant la rébellion indomptée d'un peuple, le peuple du Venezuela.

 

 

Ce n'est pas rien ce qu'on avait fait au Venezuela pendant tout le XX° siècle : des dictatures et des démocraties très corrompues, populistes, beaucoup de ressources, beaucoup de corruption, beaucoup de perversion et sur la base de la corruption et de la perversion, bon, le retard, l'absence de conscience, l'absence de culture politique, l'absence de valeurs et la domination, les griffes qui dominent, les griffes qui divisent les peuples sur ses besoins et sur de fausses offres.

 

 

Comme le chemin du Commandant Chávez a été complexe, dur ! Le chemin qui nous a amené à la victoire électorale du 6 décembre, à l'investiture du 2 février 1999, à la convocation de l'Assemblée Nationale Constituante et à la voie de la révolution pacifique, démocratique, actrice, du Venezuela ont été des chemins créés et mis au monde par le propre génie, la volonté, l'intelligence, l'audace, la sagesse du Commandant Hugo Chávez Frías.

 

 

Ainsi, la première chose qu'il a faite en sortant de prison fut de venir à Cuba respirer l'air de l'histoire rebelle de ce peuple et donner l'accolade à Fidel, presque la première chose qu'a fait le Commandant Hugo Chávez quand il a pris la présidence de la République et quand il a activé les boutons du gène révolutionnaire que Bolívar a semé pour toujours au Venezuela fut d'ouvrir ses bras et de dire : Bon, à présent, le moment est venu, Fidel, Cuba et le Venezuela, nous allons ensemble construire un seul projet, une seule patrie (Applaudissements) mais pas seulement pour le discours et l'émotion, l'émotion de l'idée, comme nous sommes, nous, les Latino-américains et les Caribéens qui sommes émus par le chant, par la danse et par les mots, mais dans la réalité.

 

 

La signature de l'Accord Cuba-Venezuela, Martí-Bolívar, a été le début de ce chemin.

 

 

La signature, il y a 12 ans exactement, un jour comme aujourd'hui, ici à La Havane, de l'Accord Cuba-Venezuela pour fonder l'Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, l'ALBA, en 2004, a aussi été un moment très important de ce chemin de fondation parce que nous sommes à une époque de fondation et notre force, notre travail est de créer, de fonder.

 

 

Et nos pères fondateurs, Fidel et Chávez ont fait tout ce qu'ils devaient faire. Ils ont sans aucun doute la reconnaissance de nos peuples et des peuples du monde, 2 géants merveilleux qui vont briller pour toujours dans la constellation de l'histoire de Notre Amérique et de l'Humanité : Fidel et Chávez ! (Applaudissements)

 

 

Mais comme nous le disions sur la Place il y a 2 semaines, comme nous le disions sur la Place de la Révolution – je ne sais combien de millions de personnes sont venus avec leurs sentiments sur la Place de la Révolution ici à La Havane – cela a été dur et difficile pour eux et ils ont eu le calme, la force morale, spirituelle, la conscience, la capacité et l'intelligence de transformer en réalité, en matérialisation, en chair et en vie ses rêves, ses idées et d'unir l'histoire en une seule, de transformer l'histoire passée en histoire vivante, présente et de la projeter dans l'oeuvre, dans l'idée, dans la spiritualité. Sans aucun doute, ils ont accompli leur tâche et ben au-delà. Maintenant, c'est à nous, c'est à vous, petites filles et petits garçons, maintenant, c'est à chacun de mettre sur nos épaules le sac à dos1 de Fidel et de Chávez.

 

 

Moi, je prends cette Déclaration extraordinaire qui a pour titre « L'engagement continue ». Aujourd'hui précisément 22 ans après l'accolade fondatrice de Fidel et de Chávez dans l'obscurité et 12 ans après la fondation de l'ALBA en tant que porte des espoirs, je fais cette Déclaration extraordinaire faite par nos équipes de l'ALBA. Je la prends, précisément, comme un nouveau commencement, comme une nouvelle étape nécessaire pour affronter les défis actuels, les difficultés présentes, pour affronter le temps présent.

 

 

J'ai pris une idée de Fidel, ici même dans cette salle elle a été lue il y a 7 ans quand l'ALBA avait 5 ans, lors d'une cérémonie qui a eu lieu en décembre 2009 et Fidel a envoyé une lettre au Commandant Chávez dans laquelle il disait - regardez, quelle sagesse dans cette pensée - : « Cher Hugo (…) Aucune minute de l'histoire n'est égale à une autre, aucune idée, aucune pensée ou événement humain ne peut être jugé hors de sa propre époque. Aussi bien toi que moi, nous sommes partis de concepts qui ont évolué tout au long des millénaires mais ont beaucoup en commun avec l'histoire lointaine ou récente. »

 

 

Plus loin, il disait : « Tu es parti des principes chrétiens qu'on t'a inculqués et d'un caractère rebelle, moi, des idées de Marx et d'un caractère également rebelle. Il y a des principes éthiques universellement admis qui sont valables aussi bien pour un chrétien que pour un marxiste. En partant de ce point, les idées révolutionnaires s'enrichissent constamment par l'étude et l'expérience. »

 

 

Je crois qu'à partir du sentiment profond qui nous a envahi, de la renaissance des idées, de l'exemple de Fidel, le sentiment profond qui est né de l'immense expérience qu'il nous a laissée et de l'immense responsabilité qu'il nous a laissée à tous en partant à 90 ans après avoir dépassé sa mission, je crois que ce sentiment profond doit nous amener à la réflexion. Les idées révolutionnaires doivent toujours, constamment, comme dit Fidel, s'enrichir par l'expérience et par l'étude.

 

 

Je crois que nous sommes arrivés à un moment particulier d'expérience, de confiance, de fraternité : 22 ans de gestation, 12 ans de concrétisation mais aujourd'hui, nous avons de nouveaux défis. Ce document reprend une partie de ces nouveaux défis. Je remercie profondément la Révolution Cubaine, le Gouvernement, le Président Raúl Castro pour leur solidarité active qui s'est exprimée dans cette cérémonie et dans cette Déclaration.

 

 

Beaucoup d'idées sont ratifiées. Une d'entre elles : renforcer PETROCARIBE. PETROCARIBE se renforce et doit se renforcer en tant que colonne vertébrale de la sécurité et de la stabilité énergétique de toutes les Caraïbes. Quand est né PETROCARIBE, on a dit que c'était un mensonge, que c'était impossible et on a fait une campagne brutale. Aujourd'hui, nous, nous pouvons dire que si PETROCARIBE n'avait pas existé, les Caraïbes ne s’appelleraient plus Caraïbes, elles seraient une Méditerranée de plus, elles seraient aussi une mer sainte comme la Méditerranée où les peuples d'Afrique doivent aller par milliers pour fuir la misère, la faim. Non, aujourd'hui, les pays de PETROCARIBE font preuve d'une extraordinaire stabilité fiscale, budgétaire, sociale. Les indices de développement humain des pays qui font partie de PETROCARIBE sont de beaucoup supérieurs à ceux des pays qui ne font pas partie de PETROCARIBE . Ainsi, PETROCARIBE a été un grand succès de l'ALBA, des grands projets qu'ont lancé Fidel et Chávez. (Applaudissements)

 

 

Maintenant, son renforcement concerne l'expansion de son action dans le domaine économique. Nous avons peu avancé en cela, peu. Souvent, je crois que nous pensons que le développement économique va nous tomber du ciel, les vertus économiques, la capacité de production, l'efficacité, l'efficience. C'est notre grand défi.

 

 

C'est peut-être dans le domaine social que le projet de PETROCARIBE est le mieux installé et a le plus de succès. Cela doit être ainsi parce que c'est la vocation naturelle des révolutionnaires mais cela doit être ainsi également parce que le développement des grandes missions éducatives, d'alphabétisation, de post-alphabétisation, des grandes missions pour l'étude et la formation de professionnels de l'université, des grandes missions sanitaires comme Barrio Adentro au Venezuela, de la Mission Miracle s'est déroulé avec succès dans l'organisation, dans la morale, dans les capacités scientifiques et professionnelles du peuple cubain et de la révolution de la santé qu'ont réalisé Fidel et la Révolution Cubaine. Cela a été le pivot par lequel il a réussi à s'élargir , la capacité de pouvoir entendre ce que le camarade Raúl a dit aujourd'hui: 4 pays de l'ALBA qui étions très en retard dans le domaine de l'éducation, en un temps record, avons réussi à faire déclarer nos territoires libres d'analphabétisme et aujourd'hui, nous avons de nouveaux buts pour amener nos pays à des niveaux supérieurs d'éducation.

 

 

Pourquoi les autres pays qui sont dans l'orbite du néolibéralisme ne peuvent-ils pas avancer dans le domaine social ? Eh bien, simplement parce qu'ils voient le domaine social comme une dépense, ils ne le voient pas comme une priorité. Peut-être nous, pouvons-nous affirmer à nouveau comme un élément qui nous différencie des projets néolibéraux qu'ils veulent nous imposer sur le continent. Dans des pays comme le Brésil, hier, on a approuvé une réforme de la Constitution – la grande presse se tait - qui interdit d'augmenter d'un seul peso, d'un seul réal, les budgets de l'éducation, de la santé, les salaires et les pensions pendant 20 ans. Même Pinochet ne l'a pas fait quand il a fait son coup d'Etat et imposé une dictature sanglante avec Henry Kissinger. Et le Gouvernement du Brésil qui a renversé la Présidente Dilma Rousseff a imposé hier une réforme de la Constitution qui est la plus grave et la plus rétrograde de l'histoire de ces 100 dernières années en Amérique Latine.

 

Discours de Nicolás Maduro Moros, Présidente de la République Bolivarienne du Venezuela au 12° anniversaire de l'ALBA-TCP

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