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Mission Vérité, 3 novembre 2016

- Les 6 mois de Ramos Allup

Au moment de l'installation de l'Assemblée Nationale, son président, Henry Ramos Allup, s'est vanté de chercher le moyen constitutionnel de chasser Maduro en seulement 6 mois bien qu'il lui ait semblé, même à lui, que c'était « trop » de temps.

Comme nous le savons, ces moyens étaient la démission, l'amendement à la Constitution et le referendum révocatoire, chacun moins viable l'un que l'autre. Ce n'est un secret pour personne que 10 mois sont déjà passé sans que rien ne se passe de ce qu'annonçait Ramos Allup.

Et non seulement cette prédiction manquée de Ramos Allup a servi à la MUD à retarder la présentation de la demande de referendum révocatoire, rendant ainsi impossible sa réalisation cette année à cause des délais fixés mais la dérouté du président de l'Assemblée Nationale s'est manifestée dans toute sa splendeur quand mardi 1° novembre, il a repoussé le procès politique anticonstitutionnel de Maduro en disant : « Nous payons tous un coût politique pour le dialogue. »

Le coût qu'il paie avec ses partisans, c'est d'avoir été totalement irresponsables en envisageant une « sortie » non viable du gouvernement et de ne pas avoir pu la concrétiser.

- Capriles: « Ou le referendum se fait ou il peut y avoir une explosion sociale »

Cette menace a été lancée pendant toute l'année et a été mise à l'épreuve il y a 2 semaines quand les tribunaux de 5 états du pays ont ordonné la suspension du referendum révocatoire pour vice de forme pendant la collecte des 1% de signatures. La réaction face à cet ordre judiciaire respecté par le Conseil National électoral est loin de ressembler à une explosion sociale du « peuple » entier et ressemble plus à une marche quelconque de l'anti-chavisme dans l'est de Caracas.

Cela montre l'échec de la MUD qui a cherché à relier la dure réalité du quotidien du Vénézuélien ordinaire à son ordre du jour politique mesquin. Même son obstination à faire le referendum révocatoire a fini par les isoler et les affaiblir dans un combat politique dans lequel ils avaient tout à perdre. A tel point que le dernier sondage d'Hinterlaces révèle que seulement 33% des Vénézuéliens considèrent que le referendum révocatoire est une priorité dans les dialogues avec le gouvernement. La plupart souhaite que le dialogue se déroule sans obstacles pour résoudre le problèmes économiques du pays.

- Freddy Guevara: « Le 1° septembre, il y aura un avant et un après dans le pays »

Le député Freddy Guevara de Volonté Populaire, enclin à ne pas tenir sa langue toute cette année, a été précisément celui qui a annoncé que la marche d'opposition du 1° septembre serait « le début d'une nouvelle étape de la lutte du peuple du Venezuela qui s'achèverait quand nous aurions obtenu un changement cette année. » Elle n'a été le début de rien et elle n'a même pas réussi à obtenir un changement politique. Cela signifie en réalité que cette année a été profondément complexe pour le parti de Leopoldo López.

Nous disons cela parce que c'est Volonté Populaire qui a organisé au milieu de cette année une série de pillages dans le pays et orchestré en première ligne les plans de coup d'Etat pour le 1° septembre démantelés millimètre par millimètre et à temps par l'appareil de sécurité de l'Etat vénézuélien. Ainsi, le parti de Leopoldo López non seulement a échoué en n'atteignant pas son objectif cette année mais il a perdu une grande partie de son capital politique, affaiblissant une grande partie de sa structure opérationnelle et de sa structure internationale. Ils ont commencé l'année en menaçant et ils arrivent en novembre la queue entre les jambes. Qu'Almagro soit enfermé dans son bureau à Washington sans aucune marge de manœuvre pour faire des déclarations contre le Venezuela est aussi une preuve de l'échec de son ordre du jour transnational.

- La MUD : Destitution de Maduro et marche sur Miraflores

Devant l'implosion de la stratégie des partis de la MUD, ils ont menacé de destituer Maduro grâce à un mécanisme anticonstitutionnel : le procès politique. Non sans ensuite appeler à se suicider une partie de leurs partisans avec une marche sur Miraflores pour remettre la lettre de destitution au président. Aujourd'hui, il n'y a pas de « lettre de destitution » ni de marche sur Miraflores. Leur tentative de « Grève Générale » a échoué. « La route de la liberté » dont la MUD a fait la publicité et qui comprenait ces 3 phases s'est gâtée avant d'avoir commencé.

Il ne pouvait pas en être autrement : ils ont commencé l'année avec plusieurs menaces et l'ont fini avec d'autres.

Il sont appelé de façon irresponsable à marcher sur Miraflores le 3 novembre pour jouer la dangereuse carte du sang dans les rues comme moyen de pression politique pour aller à la table de dialogue avec l'avantage. Ce fut la seule façon par laquelle la MUD a essayé de se faire valoir avec certaines concessions pour s'asseoir à la table, mettant en avant la chair à canon de ses partisans sans autre argument. Ils n'y ont même pas réussi.

Comme c'est déjà l'habitude dans la politique vénézuélienne, le chavisme a encore dû penser avant tout à la paix de la majorité des Vénézuéliens plutôt qu'à d'autres intérêts. Paradoxalement, cet effort a fini par signifier prendre soin de l'intégrité de l'opposant ordinaire et trouver une sortie acceptable aux gorilles qui les dirigent.

Publié le par Bolivar Infos

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/columnistas/cuatro-amenazas-de-la-mud-que-revelan-su-fracaso

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/11/venezuela-4-menaces-non-executees-de-l-anti-chavisme.html

Venezuela : 4 menaces non exécutées de l'anti-chavisme

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