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Mission Vérité, 5 août 2016

Le Département d'Etat a aussi ses pantins au Nicaragua, qui dansent au son du dollar de l'or noir. Le flux de billets se traduit par la déstabilisation et même par des révolutions de couleur. Cependant, le gouvernement de Daniel Ortega a affronté les difficultés face aux ressources asymétriques de l'Empire.

Sun Tzu savait bien que dans une guerre bien menée, il n'y avait pas de place pour le hasard. Ils le savent aussi à la Maison Blanche et surtout ceux qui prennent les décisions : le pouvoir financier qui voit ses intérêts énergétiques et commerciaux en danger mais surtout leurs politiques, au Nicaragua et au Venezuela.

Le secrétaire d'Etat, en ce qui concerne les affaires dirigées par Wall Street et par la CIA fait office de financier efficace, c'est à dire qu'il remet l'argent à des opérateurs cooptés ou formés à la cause politique à la convenance de la politique étrangère établie par l'Empire. Les ONG sont des façades « indépendantes » qui bénéficient de l'aide financière et qui ont des objectifs clairs dans le cadre de la guerre comme ressources asymétriques. Cependant, les partis politiques se prêtent aussi à la grosse bourse en dollars.

Ce n'est pas vraiment de la spéculation. Mission Vérité a mis en rapport les affaires appropriées avec le contexte du pays. Et le Nicaragua comme le Venezuela ne sont pas exempts de ces financements d'entités gouvernementales états-uniennes.

Dollars et violence : un même langage

Les données suivantes fournies par le journaliste suédois Dick Emanuelsson confirment le financement du Département d'Etat (via la NED et l'USAID) et de l'Institut National Démocrate (IND, du parti d' Hillary Clinton) pour n'en nommer que 2, des partis clefs de ce qu'ils appellent la « Coalition Démocratique » et d'ONG médiatisées au Nicaragua.

L'ONG « Mouvement pour le Nicaragua » qui prétend défendre les droits de la « société civile » contre « la dictature sandiniste » et qui convoque plus de canaille des médias que de gens dans la rue, est financée, en plus de l'être par la NED, l'USAID et l'IND, comme on l'a déjà dit, par l'ambassade des Etats-Unis à Managua (capitale du Nicaragua), par la Open Society Fondations de George Soros grâce au réseau Probidad, par l'Institut Républicain International (IRI) et par l'ambassade du Japon, pays rival – géostratétiquement parlant – de la République Populaire de China.

L'ONG « Commission Permanente des Droits de l'Homme » représentée par son directeur exécutif Marcos Carmona, a reçu un gros paquet de billets (plus de 20 000 dollars en 2008 et Emanuelsson souligne que cette somme équivaut à 25.671 salaires minimum mensuels) de l'USAID.

Une autre ONG, « l'Institut des Etudes Stratégiques et des Politiques Publiques », a reçu de la NED jusqu'à plus de 50 000 dollars depuis 2005 et a eu le soutien de al NED, de la Banque Inter-américaine de Développement (BID) et de l'IRI pour organiser des meetings.

Aussi bien le Parti Libéral que le Mouvement de Rénovation Sandiniste (MRS) se sont traînés dans le même cloaque financier et les dirigeants du MRS eux-même ont déclaré publiquement qu'ils ont eu des marches et des réunions soutenues par l'IRI.

Les intérêts de plusieurs républicains dans l'histoire du Nicaragua, ont été révélés depuis les années 80. Le journaliste suédois résume : « Cet organisme (l'IRI) a été dirigé jusqu'à sa mort (le 7 décembre 2006) par la violente anticommuniste Jean Jordan Kirkpatrick. Cette dame était l'ambassadrice des Etats-Unis devant l'ONU en 1983 quand son patron, le président Ronald Reagan, semait des mines dans le Golfe de Fonseca et empêchait les bateaux d'entrer dans le principal port du Nicaragua sur le Pacifique, le port de Corinto. (...) . Les républicains et les porte-parole Reagan & Kirkpatrick cherchaient, avec les mines, à étouffer le petit pays d'Amérique Centrale. Le peuple nicaraguayen a été victime d'innombrables tueries organisées par les 'Contras', dirigés par un autre républicain, l'ambassadeur John Negroponte, depuis la capitale du Honduras. Plus de 50 000 Nicaraguayens ont été lâchement assassinés par la guerre de Reagan et des républicains pendant les années 1980. »

Au Nicaragua et au Venezuela, il y a un contrôle étranger évident du financement de l'opposition.

La liste des organisations financées par différents organismes du gouvernement de Wall Street, pardon, de la Maison Blanche, est longue mais n'en est pas moins dangereuse. Le rapport républicain a conservé une ligne violente d'attaque avec des façades para ou civiles qui ne cessent d'agresser la Révolution Sandiniste.

Qu'est-ce que le Nicaragua a à voir avec le Venezuela ?

Mais il n'y a pas que le financement, il y a aussi l'efficacité au moment d'apporter les dollars. L'IRI et la NED ont été derrière les coups d'Etat au Honduras (2009) et en Haïti (2004).

Le journal d'hier n'est pas paru, justement parce que ces institutions ont des relations avec des acteurs particuliers de la MUD par la voie du financement : le parti Volonté Populaire et l'IRI, en effet, ont une relation forte qui implique de soutenir Leopoldo López et de décerner des prix à Lilian Tintori et à Antonieta de Mendoza au nom de celui qu'on appelle « le monstre de Ramo Verde. »

De même, la directrice de la NED pour l'Amérique Latine et les Caraïbes Miriam Kornblith (ex vice-présidente du CNE, étant donné qu'elle a la nationalité vénézuélienne) a remis des dollars en mains propres, à des agents politiques de la MUD, ainsi que l'a dénoncé le député Diosdado Cabello dans son émission de télévision. Voici certains de ces bénéficiaires :

L'Association Civile Kape Kape, une ONG qui s'occupe soi-disant des peuples indigènes de l'état de Bolívar;

Jorge Altafe, coordinateur municipal d'Alianza Bravo Pueblo

Braulio Medina Alonso du COPEI

Julián Briceño de Primero Justicia;

Rubén González, dirigeant syndical de la Ferrominera Orinoco

D'un autre côté, Cabello avait dit que « la plupart des dirigeants politiques qui ont assisté à al réunion sont des candidats de la Table de l'Unité Démocratique (MUD) aux élections législatives de 2015 », c'est à dire les mêmes qui se sont tout de suite assis dans les sièges de la majorité à l'Assemblée Nationale auto-sabotée.

Cependant, cela fut seulement un épisode, caché par la médiacratie « vénézuélienne » puisque on a démontré que la NED a remis plus de 15 millions de dollars pendant ces 10 dernières années à des ONG directement liées à la MUD. La liste des institutions, de la NED en passant par Freedom House et Open Society Foundations, à la Fondation Konrad Adenauer, est longue et toutes ont des millions de dollars et d'euros pour financer directement l'anti-chavisme local et le financer indirectement grâce aux ONG.

Qu'il y ait, au Nicaragua et au Venezuela, un contrôle aussi public, évident du financement de l'opposition signifie seulement que ces pays partagent aussi le même niveau de médiocrité qui a besoin de tellement de soutien étrangers pour pouvoir renverser nos gouvernements populaires et assassiner les peuples en révolution (le peuple chaviste est au Venezuela ce que le peuple sandiniste est au Nicaragua) et que ce sont 2 pays clefs dans la ré-instauration géostratégique du fascisme des corporations et des banques de l'Occident. Ce n'est pas pour rien que Luis Florido déclare du Nicaragua que la « situation du Parlement (d'ici) est identique à celle de l'AN vénézuélienne. »

Le Venezuela est l'entrée de l’Amérique du Sud (qui n'est pas encore celle de tous les Nord-américains) et représente les réserves de gaz et de pétrole les plus importantes du continent et le Nicaragua a l'alliance de la Chine pour construire une future route commerciale qui, selon les porte-parole de la Maison Blanche, ne peut tomber dans des mains étrangères.

Les jeux sont faits, évidemment, dans cette guerre régionale et rien en semble le produit du hasard.

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/trama-global/a-la-oposicion-de-venezuela-y-de-nicaragua-las-unen-los-mismos-financistas

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos:

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/08/venezuela-et-nicaragua-meme-financement-de-l-opposition.html

 Venezuela et Nicaragua : même financement de l'opposition

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