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Par Ernesto Wong Maestre (Mission Vérité, 16 juillet 2016)

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Le média le plus important pour transmettre le modèle de personnalité le plus souhaitable pour l'homme de la rue est le cinéma. (Erich Fromm, 1947)

Nous, qui sommes nés avant les années 80, il est fréquent que nous disions « c'est le monde à l'envers » ou « les pattes en l'air » lorsque nous trouvons que quelque chose est incroyable. Cependant, pour les générations plus jeunes, cela a beaucoup moins de sens parce que le monde comme il est, avec ses croyances absurdes et ses anti-valeurs condamnables leur est « familier ». Ils l'ont assimilé depuis qu'ils sont tout petits dans les films d'action ou de mystères, dans les séries, même dans les télénovas et dans les dessins animés et ces « valeurs » font partie de leurs schémas culturels. C'est quelque chose que le Pentagone et sa machinerie culturelle a organisé pour modeler les jeunes afin qu'ils puissent mènent à bien leurs stratégies secrètes que ce soit en politique étrangère ou à travers « l'aide étrangère », le soutien à des fondations ou sournoisement avec une image de « Don Quichotte » comme celle de Gene Sharp, ce personnage coopté par le Pentagone qui fait partie de ce monde à la conscience faussée ; ou, au contraire, qui propose le renversement des gouvernements humanistes et populaires en argumentant que ce sont des « gouvernements dictatoriaux » et en même temps en préparant certains secteurs de la jeunesse à entreprendre des actions qui conduisent à des « vagues sociales » chaotiques, des protestations en escalade jusqu'à ce qu'elles provoquent de nombreux morts au milieu de campagnes médiatiques, de blocus financiers, diplomatiques et d’actions terroristes jusqu'à ce qu'elles atteignent leurs objectifs malsains comme c'est arrivé en Ukraine contre Víctor Yanukovich.

Déjà Galeano avait découvert ce phénomène. « A la fin du millénaire, disait-il, le monde à l'envers est en vue : c'est le monde tel qu'il est, avec la gauche à la droite, le nombril sur les épaules et la tête aux pieds... Le monde à l'envers récompense à l'envers : il déprécie l'honnêteté, châtie le travail, récompense l'absence de scrupules et alimente le cannibalisme ». Mais là Galeano, bien qu'il reconnaisse qu'il y a toute une « école du monde à l'envers », ne se demande pas pourquoi une partie importante de la société partage et défend ce monde à l'envers. Ce monde qui pratique « l'art de tromper son prochain, que les escrocs pratiquent en chassant les naïfs dans les rues, arrive au sublime quand certains hommes politiques exercent leur talent avec succès », comme il dit.

Que s'est-il passé et que se passe-t-il réellement ? Qu'amène-t-on ces générations à penser ? Qui amène ces générations de jeunes è accepter si facilement la mort de leur prochain à cause de l'argent ou du vol avec crime pour posséder de petites sommes ?

Qui sont les responsables du fait qu'une certaine société soutient politiquement un criminel, un corrompu ou un gouvernant qui abuse des vieux en leur supprimant leurs pensions, en expulsant des familles de leur maison ou en réduisant les avantages sociaux ? Dans quel processus sont plongées ces générations qui sont bombardées globalement et psychologiquement pour assassiner des gens sans défenses à des milliers et des milliers de kilomètres de leur pays ou même pour qu'ils soient capables de tuer un de leurs parents ou de leurs amis ou de leurs camarades d'école sans le moindre remords, parfois pour des motifs insignifiants ?

Qui sont responsables du fait qu'une certaine société soutient un criminel ?

Aujourd'hui, dans la seconde décennie du XXI° siècle, les preuves sont étonnantes parce qu'elles pointent des schémas culturels globalisés, très consolidés parmi ces jeunes générations qui créent des institutions de toute sorte et avec n'importe quel pouvoir, des corporations, des entreprises privées de sécurité ou qui militent dans des partis politiques variés de droite. Nous voyons comment des vagues de jeunes s’enrôlent dans des forces illégales pour détruire un pays riche comme la Libye, le bombarder durement grâce à une force armée comme l'OTAN sans qu'elle soit approuvée par ce qu'on appelle la communauté internationale pour ensuite assassiner avec sauvagement le leader agressé comme ce fut le cas de Muhammar Khadaffi, de ses fils et de ses petits-enfants, sans qu'ils aient fait aucun mal, bien au contraire.

En Espagne, une majorité d'électeurs élisent et réélisent et se décident pour un gouvernant corrompu comme Mariano Rajoy qui protège des corrompus et a des liens avec le commerce des armes comme si c'était le commerce de pizzas ou de pommes de terre. Nous voyons des appareils d'Etat qui acceptent de chasser du pouvoir une honnête présidente brésilienne comme Dilma Roussef, accusée par les criminels eux-mêmes ou par les corrompus de grande envergure qui sont montés dans l'appareil d'Etat et avec ces mêmes appareils de répression, ils arrivent à asservir la majorité même qui les a élus.

Nous voyons des parlementaires élus et réélus par la majorité qui usurpent tranquillement le pouvoir de l'Etat avec ou sans le soutien de l'armée et envoient les gouvernants en exil, même en pyjama comme c'est arrivé à Mel Zelaya au Honduras. Et l'Etat se tait, accepte et réprime les majorités en désaccord et les médias le justifient. Ou ils se moquent publiquement du leader populaire en montant une opération secrète criminelle pour qu'il apparaisse comme un gouvernant négligeant et même comme un assassin, comme c'est arrivé au président du Paraguay Fernando Lugo et après que le coup d'Etat ait réussi, tout a été tu, rendu invisible pendant des heures ou des jours. Et ensuite, ils exterminent peu à peu les dirigeants de terrain qui avaient renforcé les bases de soutien à ces gouvernements. 300 dirigeants de terrain ou journalistes ont été assassinés depuis que les corrompus et les criminels ont renversé Zelaya.

Nous voyons aussi ce qui est arrivé très récemment à l'OEA discréditée où, au lieu d'expulser le fonctionnaire corrompu et immoral qu'est Luis Almagro, on invite les gouvernements à prendre connaissance de « l'affaire du Venezuela » pour faire des reproches à son gouvernement et le faire apparaître comme l'accusé sur la seule volonté de ce fonctionnaire corrompu et non pour reconnaître que c'est le gouvernement qui a le plus fait et donné à son peuple dans toute l'histoire du pays. Et quelle puissante force apparaît toujours dans tout ce monde à l'envers qui porte atteinte à la raison ?

La réalité est qu'avec la montée en puissance aux Etats-Unis des forces ultra-conservatrices, au début des années 80 sous la présidence de Ronald Reagan, pour affronter cette « irruption des masses » dont parle Fidel dans son Rapport de 1975 au PCC, la charge idéologique fondamentaliste qui a nourri la plateforme politique de Reagan, exprimée dans les documents de Santa Fe, a conditionné les orientations en politique, en économie, et surtout pour l'application des outils culturels et éducatifs les plus variés par lesquels les générations de jeunes donneront un sens néoconservateur à leurs comportements favorables à l'exercice de l'hégémonie nécessaire pour faire des Etats-Unis le première puissance du monde.

Sur les budgets idéologiques antérieurs, leurs systèmes de promotion culturelle comme Hollywood et son réseau de producteurs, pour citer un exemple, ils ont commencé par la déshumanisation des idoles des jeunes, ont transformé Dracula et Frankenstein en personnages plus humains que les humains eux-mêmes, renforcé le prototype du héros qui non seulement vainc les « dangereux » apaches ou sioux mais aussi les extra-terrestres comme les « aliens » qui « menacent les Etats-Unis » et ont fait des milliers de films qui ont tourné autour du monde, où les plus bas sentiments apparaissent avec des comportements inhumains, justifiés par des valeurs ultra-individualistes et toujours à travers un super héros comme James Bond, ou un Rambo envahisseur ou un nouveau Batman qui dispose de toutes les technologies pour tuer le voleur qui s'échappe après un grand vol de trésor public ou privé pour devenir un héros admiré ou rester un habile négociant, toujours pour défendre les idées de ce qu'on appelle « le mode de vie américain ».

L'industrie du cinéma a été rendue puissante financièrement par la mafia qui gouverne l'Empire comme l'a bien dit Erich Fromm dès le milieu du siècle dernier en analysant l'impact des « héros » de l'industrie cinématographique : « Bien qu'on ne nourrisse pas l'espoir de triompher comme eux, on peut essayer de rivaliser avec eux car ce sont les saints et étant donné leur réussite, ils personnifient les règles de vie » comme il le dit dans son ouvrage « Ethique et psychanalyse ».

L'industrie du cinéma et ses méga-corporations ont été rendues puissantes financièrement par la mafia qui gouverne l'Empire. Elles accompliront toujours leurs standards de production parce qu'elles sont l'outil culturel qui peut être installé même dans les maisons grâce à la télévision câblée pour déstructurer la famille autour d'un noyau au profit de la famille corporative en encourageant les conduites ambitieuses, cupides, violentes, égoïstes et ensuite, sur internet, traverser les mers et les océans en quelques secondes pour continuer à modeler l'esprit des enfants et des jeunes en les influençant à leur guise pour qu'ils condamnent les gouvernements gênants pour l'empire, avec des modèles culturels renforcés par des messages subliminaux ou directs, en utilisant aussi les jeux de guerre dans le cadre de la stimulation de l'industrie de l'armement et des actions inhumaines comme les batailles dans des villes contre les zombis en essayant d' assimiler ceux-ci aux peuples du sud contre lesquels on doit se battre parce si on ne le fait pas « ils nous envahiront ».

Ils transforment les images en symboles et les symboles ont créé des modèles culturels de comportement qui se renouvellent et se renforcent maintenant sur les réseaux sociaux et sur internet.

Presque 40 ans de promotion des anti-valeurs avec leurs modèles culturels correspondants, à l'échelle mondiale, c'est le temps pendant lequel les irresponsables des massacres qui surviennent dans le monde d'aujourd'hui ou de morts massives d'émigrants fuyant les guerres de pillage continuent à augmenter leurs richesses jusqu'à des niveaux insoupçonnés. Mais c'est aussi le temps pendant lequel une grande partie de l'humanité, non formatée psychologiquement, a cherché d'une façon ou d'une autre à provoquer des équilibres et à trouver des alternatives à partir de ces zones géographiques où on a mis un frein à cette invasion culturelle grâce à leurs propres cultures non impériales, de résistance et par des actions de défense souveraines.

Aujourd'hui, à partir du sud, plusieurs gouvernements ont protégé culturellement leurs peuples – comme le stipule l'ALBA-TCP depuis sa fondation – mais d'autres n'ont pas pu et aujourd'hui, ils sont vulnérables ou sont restés bloqués dans le passé à cause de leur désorganisation et du pouvoir asymétrique des bourgeoisies qui s'identifient à ces modèles culturels, à ces croyances et à ces anti-valeurs que l'Empire stimule pour avoir l'hégémonie sur le monde.

De sorte que pour ces générations qui sont victimes de ces processus culturels, malheureusement, le monde n'est pas à l'envers. Elles le voient comme normal, il est « comme il est » pour elles. C'est leur « mode de vie » avec leurs « 3 mondes », dirait Jürgen Habermas: leur monde objectif ou culture élitiste, leur monde inter-subjectif ou social limité à leurs médias privés et à la bourgeoisie et leur monde subjectif, ce monde manipulé dans leur esprit par les médias ou par leur propre famille corporative en soutenant un monde avec l'autre.

Pour ces générations à l'envers, ceux qui font le mal et doivent être éliminés sont ceux qui défendent leur patrie et sont solidaires des autres peuples. Elles haïssent les citoyens et les citoyennes véritablement honnêtes qui luttent pour le bénéfice de tous et de toutes et ceux qui aspirent à un monde différent et non à ce monde à l'envers.

Dans le Venezuela de la Révolution Bolivarienne, chaque groupe social d'opposition a ses propres 3 mondes mais la tendance est qu'avec l'avancée des transformations révolutionnaires, les mondes de la classe bourgeoise et de ses féaux se réduit peu à peu et par sauts face à l'avancée impétueuse de la réalité transformée. Fusionneront-ils ? Se complèteront-ils ? Rien de cela : ils se transformeront vers le monde le plus viable et possible qui sera un monde meilleur, plus humain, plus solidaire comme l'ont rêvé Simón Bolívar ou Simón Rodríguez.

Un autre monde est-il possible ? Evidemment, ils sont déjà en train de le construire. Hugo Chávez a commencé à le construire. Aujourd'hui, la Révolution Bolivarienne conduite par Nicolás Maduro avec Cuba Socialiste et leurs alliés stratégiques marchent dans cette direction. Ils sont les artisans du nouveau monde, du nouveau socialisme, ce sont les peuples qui vont ouvrir définitivement les Grandes Avenues.

Source en espagnol :

http://misionverdad.com/opinion/el-mundo-al-reves

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/07/venezuela-le-monde-a-l-envers.html

Venezuela : Le monde à l'envers ?

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