Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Entretien réalisé par Cathy Ceïbe

Vendredi, 15 Juillet, 2016

L'Humanité

Rodrigo Cabezas est économiste et professeur à l’université de l’État de Zulia. Vice-président du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) aux questions internationales, il revient sur les raisons de l’échec de sa formation aux législatives du 6 décembre 2015. Ministre des Finances de 2007 à 2008, il détaille les réajustements en cours, en vue de juguler la grave situation économique que connaît le pays.

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, vient de prolonger l’état d’urgence économique. Comment expliquez-vous le phénomène du manque d’approvisionnement dans un pays qui possède d’importantes ressources naturelles à même de garantir une stabilité économique ?

Rodrigo Cabezas L’économie vénézuélienne a un problème structurel relatif à son extrême dépendance de la rente pétrolière. Les cycles des prix du pétrole nous affectent. La baisse du baril du pétrole a entraîné une perte d’au moins 62 % de la valeur de la devise. Pour que le PIB augmente de 2 % en 2016, il faudrait que le prix du baril du pétrole remonte à 132 dollars. Mais le caractère structurel de nos problèmes économiques ne relève pas que de cette oscillation de prix. Notre crise conjugue la dépendance pétrolière et l’insuffisance productive. L’état d’urgence économique fait l’objet d’un débat stratégique national au sein du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) : le modèle de pays rentier s’est effondré. Il nous faut d’urgence un agenda pour initier le chemin d’une économie productive qui ne soit ni « extractiviste » ni exclusivement exportatrice de matières premières. Elle doit se concentrer sur la création d’une plateforme industrielle pour les exportations. En ce sens, le Venezuela possède des atouts, notamment dans les domaines du pétrole, mais également de la pétrochimie, de la sidérurgie et de l’aluminium. Cette économie est possible à la condition d’une ouverture à l’investissement étranger direct et qu’elle soit régulée par un État fort. Pour que notre économie progresse de manière durable et distribue d’un point de vue socialiste, les besoins de financement sont tels que nous ne pouvons le faire avec nos seules ressources, ni via l’endettement.

L'article complet sur http://www.humanite.fr/rodrigo-cabezas-notre-crise-conjugue-dependance-petroliere-et-insuffisance-productive-611897

Rodrigo Cabezas : «Au Venezuela, notre crise conjugue dépendance pétrolière et insuffisance productive»

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :