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Par: Luis Britto García (Telesur, 5 juin 2016)

Aujourd'hui, le plan insolent de l'OEA cherche à profaner le sol sacré de la patrie. L'OEA et le système Inter-américain ont de tristes antécédents dans notre pays.

1.

En une seule occasion, l'opposition s'était abaissée à demander explicitement une intervention contre son propre pays. En 1902, après avoir été vaincue avec fracas lors de la révolte des notables, la mal nommée « Libératrice », l'opposition a promu une intervention de l'Angleterre, de l'Allemagne et de l'Italie qui, avec 15 blindés ont bloqué et bombardé le Venezuela. « le plan insolent de l'étranger a profané le sol sacré de la patrie », a proclamé le président Cipriano Castro et à son appel, tout le pays, comme un seul bloc, même le docteur José Gregorio Hernández, s'est enrôlé pour résister. Les blindés son partis. C'est le sujet d'un film de Román Chalbaud qui n'est pas sorti, il y a 3 ans, parce qu'il manquait des devises pour payer les effets spéciaux.

2.

Aujourd'hui, le plan insolent de l'OEA cherche à profaner le sol sacré de la patrie. L'OEA et le système Inter-américain ont de tristes antécédents dans notre pays. En 1954 était célébrée à Caracas la X° Conférence Inter-américaine où fut donné l'aval pour renverser le gouvernement démocratique de Jacobo Arbenz au Guatemala. Le matin du 11 avril 2002, l'ambassadeur des Etats-Unis Charles Shapiro apparaissait dans tous les journaux, déclarant que le Venezuela était « hors de la Charte Démocratique de l'OEA », légitimant ainsi le coup d'Etat en tant qui, comme par hasard, surviendrait quelques heures plus tard. L'OEA n'a pas pris de mesures contre le dictateur Carmona Estanga. Elle se contenta de poser des questions, à la demande du mouvement social colombien Minga, sur le destin de « monsieur Chávez » dans une lettre dans laquelle elle reconnaissant « l'Excellentissime » gouvernement du despote. C'est ça, l'organisation dont le secrétaire prétend intervenir contre le plus démocratique des gouvernements d'Amérique.

3.

Le rapport d' Almagro que nous commenterons peut-être en détails ultérieurement, est un précis non de la situation du Venezuela mais de tous les vices de forme et de fond qui frappent les documents de l'OEA. Ils sont fondés sur des coupures de presse qu'aucun organe juridique ne peut accepter comme preuves, sur des opinions de l'OEA même qui ne mettent en évidence que ses opinions, sur des ragots d'ONG inféodées aux Etats-Unis, une puissance hostile à notre pays et même sur des éléments de conviction aussi séruex que des messages de twitter. Entre autres choses, ils s'évertuent à discréditer le Conseil National Electoral. Mais cet organisme est celui-là même qu'ont reconnu leurs rangs à tous et chacun des parlementaires de l'opposition qui à présent crient contre lui. S'ils n'ont pas confiance dans cet organisme qu'ils ont institué, ils devraient démissionner, non ?

4.

L'Uruguayen Almagro et ses complices ne vivent que pour exiger l'application immédiate d'un referendum révocatoire au Venezuela sans respecter les délais qu'établissent la Constitution et les lois pour ce faire. Ils ne mentionnent pas que le referendum n'est prévu que dans les Constitutions des 3 pays les plus démocratiques de l'hémisphère : la Bolivie, l'Equateur et le Venezuela. S'il leur semble si indispensable pour la démocratie, pourquoi ne commencent-ils pas par l'appliquer dans leurs propres pays ? Et si la non application d'un referendum immédiat implique qu'il n'y a pas de démocratie, cela ne signifie-t-il pas qu'il n'y a pas de démocratie dans leurs pays, où le referendum révocatoire n'existe pas ? Par exemple, aux Etats-Unis, la puissance qui finance l'OEA ?

5.

A telle organisation, tels procédés. La Commission Inter-américaine des Droits de l'Homme de l'OEA fixe une réunion contre le Venezuela à Washington en avril et l'ambassade des Etats-Unis refuse le visa aux fonctionnaires qui vont le défendre. Ainsi, personne ne gagne. Le secrétaire de l'OEA Almagro demande pour son propre compte et sans tenir compte pour cela de l'application de la Charte Démocratique – une demande que ne peut faire que le gouvernement concerné et non une partie de celui-ci ni un secrétaire étranger – et qui n'agit qu'en ayant obtenu les voix des 2/3 des pays membres. Aucun d'entre eux n'a demandé ni approuvé une telle chose. L'ambassadeur du Venezuela Bernardo Álvarez demande une réunion du Conseil Permanent avec un ordre du jour propre. Ils cachent la demande d'Álvarez et en convoquent une autre avec un ordre du jour différent. Álvarez doit obtenir qu'ils proposent la seconde réunion. On discute de l'ordre du jour proposé pour la première et la majorité approuve l'appel au dialogue promu par le Venezuela. Ni Charte Démocratique, ni intervention, ni « marins » ni referendum révocatoire pour ce soir. Non, ce que recommande la résolution votée par la majorité des Etats membres de l'OEA, c'est le dialogue: celui-là même que le gouvernement du Venezuela essaie de mettre en place depuis 1998. La Charte Démocratique et les chaudières des blindés de la IV° Flotte des Etats-Unis qui patrouillent dans es eaux latino-américaines avec tant d'empressement restent au frais. Partez, on a dit !

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/opinion/La-planta-insolente-de-la-OEA-20160605-0009.html

Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/06/venezuela-le-plan-insolent-de-l-oea.html

Venezuela: Le plan insolent de l'OEA (Telesur / Luis Britto García)

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