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Le 1er juin, une surprise est arrivée de Washington. Tandis que le secrétaire général de l'OEA Luis Almagro (Uruguay) multipliait depuis plusieurs jours les déclarations véhémentes contre la République bolivarienne du Venezuela et menaçantes contre le gouvernement de Nicolas Maduro - et sa personne directement - , le Conseil permanent de l'organisation ( 34 pays) a publié un communiqué attendu dans lequel il prend des distances claires avec le ton et les positions de fond de son représentant officiel. Ce dernier, considérant qu'il existerait une "altération de l'ordre constitutionnel (au Venezuela qui) affecte gravement l'ordre démocratique" du pays, préconise des mesures de rétorsion contre la République bolivarienne et milite en faveur d'une ingérence internationale directe dans le pays , comme le souhaite la droite vénézuélienne et une partie de celle de la région latino-américaine .

Manifestement, il n'est pas suivi et vient d'être désavoué par tous les pays membres, de gauche comme de droite. Pour les pays membres - et donc y compris pour les Etats-Unis, l'Argentine, la Colombie ou le Brésil - , il s'agit désormais de "rechercher (...) des solutions (...) pour un dialogue ouvert et inclusif (...) pour préserver la paix et la sécurité au Venezuela, en respectant pleinement la souveraineté" du pays.

L'OEA déclare soutenir la mission pilotée par les anciens présidents José Luis Rodríguez Zapatero (Espagne), Leonel Fernández (République dominicaine) et Martín Torrijos (Panama) dont l'objectif est de construire les voies d'un dialogue au Venezuela dans le respect de l'ordre constitutionnel. Cette mission a été impulsée par l'Union des nations sud-américaines (Unasur). Ce point est important car cela signifie que l'OEA reconnaît la primauté de l'Unasur dans le traitement de la question vénézuélienne. Manifestement, le gouvernement de Barack Obama - après les récentes déclarations de John Kerry - souhaite adoucir ses positions tandis que se prépare la fin du mandat et que la question vénézuélienne mobilise toute l'Amérique latine.

Force est de reconnaître que cette fois-ci, en ne prenant pas de sanctions, en ne tenant pas un discours de menaces contre le Venezuela et en reconnaissant la souveraineté du pays, l'OEA s'éloigne d'une logique de surenchère et de soutien direct à l'opposition vénézuélienne.

Lire le communiqué (en espagnol ) :

http://www.oas.org/es/centro_noticias/fotonoticia.asp?sCodigo=FNC-19675

Christophe Ventura, chercheur à l'IRIS, coordinateur du site Mémoire des Luttes http://medelu.org/

Source: FB <https://www.facebook.com/christophe.ventura.39>

Crise au Venezuela : le Conseil permanent de l'Organisation des Etats américains (OEA) appuie le dialogue et rejette les stratégies d'ingérences

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